Shinkyokushin
Le dō (道) : quand la sortie devient visible
Dans les arts martiaux, on représente souvent le dō (道) comme une longue voie droite : un chemin clair au milieu d’un champ, ou une route qui monte vers le sommet d’une montagne jusqu’aux nuages.
Mais, avec les années, mon expérience de la voie est devenue très différente.
Au début, le chemin semble clair. On voit la montagne devant soi. On croit connaître la direction. On avance avec énergie, guidé par son maître, par les règles du dojo, par les progrès visibles et par l’enthousiasme des premiers pas.
Puis, peu à peu, le brouillard descend.
Le soleil commence à se coucher. La nuit couvre notre regard. Ce qui semblait évident devient incertain. Les réponses simples ne suffisent plus. Les progrès ralentissent. On doute. On se heurte à des murs.
On croyait suivre une route. On découvre qu’il faut parfois chercher une porte.
Certaines portes nous sont montrées par notre maître. D’autres, nous devons les trouver seuls, par l’effort, la patience et l’humilité. Et parfois, ce sont nos élèves qui nous aident à en ouvrir, parce qu’enseigner nous force à regarder notre propre pratique autrement.
Plus on avance, plus les panneaux indicateurs deviennent rares.
Pourtant, il y en a un qui reste toujours visible. Il est clair, lumineux, facile à comprendre. Et plus le chemin devient sombre, plus il semble briller :
SORTIE
Quand la pratique devient difficile, quand on est fatigué, déçu ou découragé, cette sortie peut sembler tentante. Elle promet la fin du doute, la fin de l’inconfort, la fin de l’effort.
Mais voir cette sortie fait aussi partie du chemin.
Si votre voie devient difficile, si elle ne ressemble plus à ce que vous aviez imaginé, cela ne veut pas nécessairement dire que vous êtes perdu. Peut-être que le chemin vous demande simplement de chercher la prochaine porte.
La sortie est peut-être visible. Mais ce n’est pas elle qu’il faut suivre.
Continuez la voie.
OSU!







